21 octobre 2026 · 7 min de lecture
SOPK devenu SMOP : comprendre le syndrome, son nouveau nom et le rôle de l'alimentation

Le syndrome des ovaires polykystiques, plus connu sous le nom de SOPK, a changé de nom en mai 2026. Il s'appelle désormais SMOP, pour syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Derrière ce nom un peu technique se cache une idée simple : ce syndrome ne concerne pas seulement les ovaires, mais l'ensemble de l'équilibre hormonal et du métabolisme.
Cet article fait le point sur ce qu'est le SOPK, sur les raisons de ce changement de nom, sur les différents profils du syndrome et sur le rôle que l'alimentation peut jouer au quotidien.
Le SOPK, qu'est-ce que c'est ?
Le SOPK est un trouble hormonal fréquent : il concerne environ une femme sur huit. Pourtant, une grande partie des femmes concernées ne sont pas diagnostiquées, ou le sont après plusieurs années.
Les signes varient beaucoup d'une personne à l'autre. Les plus courants sont :
- des cycles irréguliers, très longs ou absents ;
- des signes d'excès d'hormones androgènes (hormones dites masculines, comme la testostérone, présentes en petite quantité chez toutes les femmes) : acné, pilosité plus importante sur le visage ou le corps, chute de cheveux ;
- des difficultés à concevoir, liées à des ovulations rares ;
- une fatigue, des fringales ou une prise de poids, souvent en lien avec l'insuline.
Le diagnostic repose sur la présence d'au moins deux de ces trois critères :
- des troubles de l'ovulation (cycles irréguliers ou absents) ;
- un excès d'androgènes, visible (acné, pilosité) ou mesuré par une prise de sang ;
- un aspect particulier des ovaires à l'échographie, ou un taux élevé d'AMH (hormone produite par les petits follicules des ovaires) dans le sang.
Les autres causes possibles de ces symptômes doivent être écartées avant de poser le diagnostic. Le changement de nom ne modifie en rien ces critères.
Des follicules bloqués, pas des kystes
Contrairement à ce que laisse penser l'ancien nom, les ovaires ne contiennent pas de kystes.
Chaque mois, plusieurs follicules (petits sacs remplis de liquide qui contiennent chacun un ovule) commencent à grandir dans l'ovaire. Normalement, un seul d'entre eux arrive à maturité et libère son ovule : c'est l'ovulation. Les autres disparaissent.
Dans le SOPK, le déséquilibre hormonal empêche cette sélection. Les follicules restent bloqués à un stade immature, sans qu'aucun ne parvienne à l'ovulation. Ils finissent par disparaître, mais de nouveaux se forment en permanence. On observe donc à l'échographie de nombreux petits follicules en périphérie de l'ovaire, un aspect qui a longtemps été confondu avec des kystes.
Ce blocage est entretenu par plusieurs facteurs qui se renforcent entre eux : un excès d'androgènes, un taux élevé d'AMH, et très souvent un excès d'insuline (hormone qui fait entrer le sucre dans les cellules), qui stimule à son tour la production d'androgènes par les ovaires.
Pourquoi le SOPK a-t-il été renommé SMOP ?
Le nom « syndrome des ovaires polykystiques » posait deux problèmes. Il était inexact, puisqu'il évoquait des kystes qui n'existent pas. Il était aussi trop restrictif : en ne parlant que des ovaires, il faisait oublier les effets du syndrome sur les hormones, le métabolisme, le cœur, la peau ou encore la santé mentale. Ce nom a contribué aux retards de diagnostic et à une prise en charge souvent limitée à la fertilité.
Après plus de dix ans de travail, un consensus international réunissant 56 organisations de professionnels de santé et de patientes, et plus de 22 000 réponses à des enquêtes, a abouti au nouveau nom, publié dans la revue The Lancet le 12 mai 2026.
Ce que signifie chaque mot :
- Syndrome : un ensemble de signes qui peuvent varier d'une personne à l'autre.
- Métabolique : le syndrome agit sur la façon dont l'organisme utilise le sucre et les graisses. L'insulinorésistance (l'insuline agit moins bien, et l'organisme doit en produire davantage) est très fréquente, y compris chez des femmes de poids dit normal. Elle augmente le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.
- Ovarien : le syndrome perturbe l'ovulation et donc les cycles.
- Polyendocrinien : plusieurs glandes et hormones sont impliquées en même temps, et pas seulement les ovaires. Le cerveau (qui pilote les ovaires), le pancréas (qui produit l'insuline) et les glandes surrénales (qui produisent aussi des androgènes) participent au déséquilibre.
Les deux noms vont coexister pendant une période de transition de trois ans. Une personne diagnostiquée avec un SOPK a aujourd'hui un SMOP : c'est exactement le même syndrome.
Les 4 profils du SOPK
Comme deux critères sur trois suffisent au diagnostic, toutes les femmes ne présentent pas le même tableau. On distingue quatre profils, appelés phénotypes :
| Profil | Excès d'androgènes | Troubles de l'ovulation | Aspect des ovaires (ou AMH élevée) | En pratique |
|---|---|---|---|---|
| A, forme complète | Oui | Oui | Oui | Tous les signes sont présents ; c'est le profil le plus fréquent en consultation spécialisée |
| B, forme « classique » | Oui | Oui | Non | Ovaires d'aspect normal, mais excès d'androgènes et cycles irréguliers |
| C, forme ovulatoire | Oui | Non | Oui | Les cycles sont réguliers, mais les androgènes sont élevés |
| D, forme sans excès d'androgènes | Non | Oui | Oui | Cycles irréguliers sans acné ni pilosité marquée |
Les profils A et B, qui associent excès d'androgènes et troubles de l'ovulation, sont en moyenne ceux où l'insulinorésistance et le risque métabolique sont les plus marqués. Mais une insulinorésistance peut exister quel que soit le profil. C'est pourquoi un bilan sanguin (glycémie, hémoglobine glyquée, bilan des graisses sanguines) est recommandé pour toutes les femmes concernées.
Alimentation : ce qui peut être mis en place
L'alimentation et l'activité physique sont recommandées en première intention dans la prise en charge du SOPK. Il n'existe pas de « régime SOPK » unique qui aurait prouvé sa supériorité sur les autres. L'objectif est surtout d'améliorer la sensibilité à l'insuline, ce qui aide à réduire l'excès d'androgènes et peut favoriser des cycles plus réguliers.
Quelques repères simples :
- Des repas réguliers et complets, sans sauter de repas, pour éviter les grandes variations de glycémie (taux de sucre dans le sang) et les fringales.
- Des protéines à chaque repas (œufs, poisson, viande, légumineuses, tofu, produits laitiers), qui rassasient et limitent la hausse de la glycémie.
- Des légumes à chaque repas, riches en fibres, qui ralentissent l'absorption des sucres.
- Des féculents complets ou peu raffinés plutôt que blancs : pain complet ou aux céréales, riz complet, flocons d'avoine, et surtout des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots).
- De bonnes graisses : huile de colza, huile d'olive, noix, amandes, poissons gras deux fois par semaine pour les oméga-3.
- Moins de boissons sucrées et de produits ultra-transformés, qui font fortement monter la glycémie.
- Bouger régulièrement, en associant activité d'endurance (marche rapide, vélo, natation) et renforcement musculaire : les muscles utilisent le sucre et améliorent la sensibilité à l'insuline.
- Prendre soin du sommeil et du stress, qui influencent eux aussi l'équilibre hormonal.
Les régimes très restrictifs sont à éviter : ils sont difficiles à tenir, peuvent abîmer le rapport à l'alimentation et n'apportent pas de bénéfice supplémentaire. De même, les compléments alimentaires ne devraient être envisagés qu'avec l'avis d'un professionnel de santé, en fonction du bilan et du profil de chacune.
Le poids n'est pas le seul repère : l'insulinorésistance touche aussi des femmes de poids normal, et les bénéfices d'une alimentation adaptée vont bien au-delà de la balance.
Un accompagnement nutritionnel adapté au SOPK (SMOP)
Chaque SOPK est différent : le profil, les symptômes, le bilan sanguin, les habitudes de vie et les objectifs (régularité des cycles, projet de grossesse, fatigue, peau, santé métabolique) ne sont jamais les mêmes. Les conseils généraux sont un point de départ, mais un accompagnement personnalisé permet de construire des repères réalistes, durables et adaptés au quotidien, sans restriction inutile.
Éloïse Stachulec, diététicienne-nutritionniste diplômée, accompagne les femmes atteintes de SOPK en consultation à la maison de santé de La Neuville-Roy et à la MSP des Sablons, La Faisanderie, à Compiègne (Oise).
La consultation permet notamment :
- de faire le point sur les symptômes, le bilan sanguin et les habitudes alimentaires ;
- de mettre en place des repères concrets pour mieux équilibrer la glycémie ;
- d'adapter l'alimentation au profil de SOPK et aux objectifs personnels ;
- d'assurer un suivi dans le temps, en lien avec le médecin ou le gynécologue si besoin.
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Questions fréquentes
Le SOPK et le SMOP, est-ce la même chose ?
Oui. SMOP est le nouveau nom officiel du SOPK depuis mai 2026. Le diagnostic, les critères et les traitements restent les mêmes.
Que veut dire SMOP ?
Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Le nom souligne que le syndrome touche le métabolisme, les ovaires et plusieurs systèmes hormonaux.
Y a-t-il vraiment des kystes sur les ovaires ?
Non. Ce sont de nombreux petits follicules immatures, bloqués avant l'ovulation.
Peut-on avoir un SOPK avec des ovaires normaux à l'échographie ?
Oui. Deux critères sur trois suffisent au diagnostic : un excès d'androgènes associé à des cycles irréguliers suffit, même avec des ovaires d'aspect normal (profil B).
Peut-on avoir un SOPK et ovuler ?
Oui. Les ovulations sont souvent plus rares ou irrégulières, mais pas forcément absentes. Dans le profil C, les cycles sont même réguliers.
Existe-t-il un régime spécial pour le SOPK ?
Aucun régime unique n'a montré de supériorité. Une alimentation équilibrée, riche en fibres et en protéines, associée à une activité physique régulière, reste la base. Un accompagnement individuel permet de l'adapter à chaque situation.
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