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8 septembre 2026 · 8 min de lecture

Les bases d'une perte de poids durable (et pourquoi la plupart des régimes ne tiennent pas)

Perte de poids. Deux mots qui, sur les réseaux sociaux, sont associés à peu près à tout et n'importe quoi, du jeûne intermittent au sans sucre, en passant par les détox et les fameuses "calories négatives". Le tri est difficile, même pour quelqu'un qui s'y connaît un minimum en nutrition. Alors quand on n'est pas du métier, ça devient vite un vrai casse-tête.

En consultation, la question revient presque à chaque fois sous une forme différente. "Qu'est-ce qui marche vraiment ?" La réponse honnête, c'est qu'il n'existe pas UNE méthode universelle. Mais il existe des bases qui reviennent, elles, dans à peu près tous les accompagnements qui fonctionnent sur la durée.

Pourquoi la plupart des régimes ne tiennent pas dans le temps

Avant de parler de ce qui fonctionne, il me semble important de comprendre pourquoi tant de régimes échouent, alors qu'ils fonctionnent souvent très bien... au début.

La plupart des régimes très restrictifs reposent sur une privation importante, et le corps comme l'esprit finissent par se fatiguer de cette contrainte. On parle de fatigue décisionnelle, cette lassitude qui s'installe quand chaque repas devient une négociation avec des règles strictes. À ça s'ajoute une adaptation métabolique bien réelle. Le corps, face à une restriction prolongée, ralentit certaines dépenses énergétiques pour se protéger, ce qui rend la perte de poids de plus en plus difficile avec le temps, même en gardant les mêmes efforts.

Et puis il y a l'aspect psychologique, qui est certainement le plus sous-estimé. Un régime perçu comme temporaire prépare, presque par nature, un retour aux anciennes habitudes une fois l'objectif atteint (ou une fois la motivation épuisée). D'où l'effet yoyo, qui n'est pas un manque de volonté de la personne, mais plutôt la conséquence logique d'une approche pensée pour être ponctuelle plutôt que durable.

Un déficit calorique, oui, mais pas n'importe lequel

La perte de poids repose, sur le plan physiologique, sur un principe simple. Consommer un peu moins d'énergie que ce que le corps en dépense. Jusque là, rien de nouveau. Le problème, c'est que beaucoup de programmes transforment ce principe simple en privation sévère, avec des apports beaucoup trop bas pour être tenus plus de quelques semaines.

Un déficit trop important entraîne souvent une perte de masse musculaire, une fatigue importante, et surtout, une reprise de poids une fois le régime arrêté. Un déficit modéré, construit autour des habitudes réelles de la personne, est presque toujours plus efficace sur le long terme, même s'il donne l'impression d'aller "moins vite".

La question qu'on oublie trop souvent, est-ce que je peux tenir ça dans six mois ?

C'est certainement le point le plus important, et pourtant le moins mis en avant. Un plan alimentaire peut être parfaitement équilibré sur le papier et complètement inadapté à une vie réelle, avec des horaires de travail contraignants, des enfants, des repas de famille, des imprévus.

Ce qui m'a marqué, en consultation. J'ai déjà eu une patiente qui suivait un programme très strict trouvé en ligne, avec des menus fixes et aucune place pour l'imprévu. Elle culpabilisait à chaque écart, alors que ces écarts étaient, en réalité, tout à fait normaux dans une vie de famille. On a repris les choses autrement, en partant de ses habitudes à elle plutôt que d'un modèle tout fait, et l'approche est devenue beaucoup plus soutenable.

Un plan alimentaire tenable doit pouvoir s'adapter aux imprévus, sans que le moindre écart soit vécu comme un échec.

L'eau, la grande oubliée quand on parle de perte de poids

En consultation, une variation de poids d'un jour à l'autre inquiète souvent plus qu'elle ne devrait. Le chiffre affiché sur la balance ne reflète pas uniquement de la masse grasse. Il reflète aussi, en grande partie, la quantité d'eau retenue dans le corps, qui varie pour des raisons qui n'ont rien à voir avec une prise de graisse.

Une étude de cohorte menée sur plus de 1400 personnes engagées dans un programme européen de maintien de perte de poids (Turicchi 2020) a mesuré des variations de poids hebdomadaires régulières, de l'ordre de 0,35% en moyenne, liées au rythme de la semaine plutôt qu'à un changement réel de composition corporelle. Cette étude portait sur une population déjà engagée dans une démarche de perte de poids, ses résultats ne sont donc pas forcément transposables à tout le monde. Elle illustre tout de même bien à quel point le poids fluctue naturellement d'un jour à l'autre, sans que ça veuille rien dire de particulier.

Une autre piste, plus ancienne mais toujours citée dans la littérature, vient d'un travail expérimental (Kreitzman 1992) sur le stockage du glycogène (la forme sous laquelle le corps met en réserve les glucides dans le foie et les muscles). Chaque gramme de glycogène est stocké avec environ trois à quatre grammes d'eau. Une baisse marquée des apports en glucides, comme dans un régime très restrictif, vide une partie de ces réserves et fait donc chuter le poids sur la balance en quelques jours, sans que cette perte corresponde à de la graisse perdue. L'échantillon de cette étude est très restreint, seulement 11 personnes, ce qui limite fortement la portée des conclusions, mais le mécanisme physiologique qu'elle décrit reste bien établi et régulièrement confirmé depuis.

Ce phénomène explique en partie pourquoi certains régimes très stricts donnent l'impression de "fonctionner" très vite au départ. Une bonne partie de la perte affichée les premiers jours est de l'eau, pas de la graisse. Et cette eau revient généralement dès que les apports en glucides ou en sel remontent un peu, ce qui peut être vécu, à tort, comme un échec.

Le sel joue lui aussi un rôle. Un repas ponctuellement plus riche en sodium entraîne une rétention d'eau transitoire, qui se traduit par une prise de poids apparente de quelques centaines de grammes, parfois un peu plus, sans aucun lien avec les graisses stockées.

Retenir un chiffre isolé sur la balance, un matin, ne dit donc pas grand chose d'une perte de poids réelle. La tendance observée sur plusieurs semaines reste un indicateur bien plus fiable que la variation d'un jour à l'autre.

Le sommeil et le stress, deux paramètres qu'on néglige

On parle beaucoup d'assiette et très peu de sommeil quand il s'agit de perte de poids. Pourtant, un manque de sommeil chronique perturbe la régulation de la faim et des hormones qui lui sont liées (comme la ghréline et la leptine), et un stress important pousse souvent vers une alimentation plus émotionnelle. Travailler uniquement sur l'alimentation, en ignorant ces deux dimensions, donne rarement des résultats stables.

Pas de diabolisation, pas de culpabilité

Je ne considère pas qu'il existe de bons ou de mauvais aliments. Ce qui compte, c'est le contexte global de l'alimentation et la fréquence de consommation, pas un aliment isolé. Une approche qui interdit des catégories entières d'aliments crée souvent, à terme, un rapport plus compliqué à la nourriture, avec des phases de restriction suivies de phases de compensation.

Manger ne devrait pas être aussi compliqué. C'est une phrase que je répète souvent, parce qu'elle résume assez bien ce que j'essaie de transmettre en consultation. Des repères clairs, adaptés à la personne en face de moi, sans injonction ni culpabilisation.

Pourquoi un accompagnement individualisé fait la différence

Chaque parcours est différent. Antécédents, rythme de vie, contraintes professionnelles, relation à l'alimentation, objectifs, tout ça compte. Un plan alimentaire générique, même bien construit, ne prend pas en compte tout ça. C'est justement le rôle d'un accompagnement en tant que diététicienne nutritionniste, construire quelque chose d'ajusté, qui évolue avec le temps, et qui reste réaliste.

Si vous vous reconnaissez dans une envie de perdre du poids sans repartir sur un énième régime restrictif, une consultation permet de faire un point complet sur vos habitudes et de construire, ensemble, une approche qui vous ressemble.

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